Mon passage de Canon à Fuji

Voilà, c’est fait, je viens de franchir le pas : après plus de 20 ans de fidélité à Canon, et quelques mois d’hésitation, je viens d’abandonner cette marque, au profit de Fuji. Rien de très original, mais ce changement représente une décision particulièrement importante pour un photographe. Importante pour les aspects purement photographiques, et importante pour les aspects budgétaires. Je vous propose donc de vous expliquer pourquoi j’ai fait ce choix, et de vous donner mes premiers retours d’expérience.

Mon historique photo

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais vous présenter un bref aperçu de mon histoire photographique.

J’ai démarré en 1988, avec un Minolta 7000i (argentique), équipé d’un 35-70mm f/4. Même s’il ne s’agissait pas d’un boîtier haut de gamme, il faisait parti d’une des premières générations bénéficiant de l’autofocus, et de “programmes”. J’ai utilisé ce matériel pendant plus de 15 ans, sans aucun problème. J’ai ensuite fait face à plusieurs petites pannes que j’avais de plus en plus de mal à faire réparer, la marque Minolta étant en nette perte de vitesse. Ils ont d’ailleurs été racheté par Sony vers 2006. Au moment il est devenu impossible d’utiliser le boîtier, les premières générations de boîtiers numériques réellement utilisables commençaient à apparaître.

J’avais donc le choix entre rester en argentique, ou passer au numérique. Minolta étant en pleine crise, j’ai fini par acheter un Canon 350D (numérique) avec un kit de base. Je ne me suis jamais senti vraiment à l’aise avec ce boîtier, et je l’ai donc remplacé par un 40D dès sa sortie. Jusqu’à aujourd’hui, le Minolta et le 40D sont les deux boîtiers que j’ai le plus apprécié. Je suis resté avec le 40d un peu plus de 10 ans. Après plusieurs réparations du déclencheur, j’ai fini par le remplacer par un Canon 760d.

En presque 40 ans de photo, j’ai donc globalement utilisé 3 boîtiers

Les trois boitiers de ma vie de photographe : Minolta 7000i, Canon 40D, Canon 760D
Les trois boitiers de ma vie de photographe : Minolta 7000i, Canon 40D, Canon 760D

Côté optique, avec Canon, j’ai travaillé avec un EF-S 17-55mm f/2.8, et un EF 70-200 f/4 L. Le 17-55 a été une réelle déception : présenté comme le haut de la gamme EF-S, il a très vite montré certaine limite. La bague de zoom est devenue de moins en moins précise, l’optique était un vrai aspirateur à poussière, et il a fini par tomber en panne après seulement quelques années. La réparation était possible, mais à un prix relativement élevé. Je l’ai finalement remplacé par son équivalent chez Sigma (17-50mm f/2.8).

Pourquoi le changement

L’idée d’un changement de matériel me trotte dans la tête depuis presque 2 ans. Je dispose d’un Reflex, et la question du passage à un hybride s’est posée naturellement. L’idée initiale était de regarder le marché en attendant la fin de vie de mon boîtier actuel. Mais ce passage du Reflex à l’hybride n’est pas si simple, même au sein de la même marque. Au-delà du changement de technologie, mes réflexions portaient sur quelques autres points :

  • Le poids et l’encombrement du matériel,
  • Le matériel et la marque proprement dit,
  • Mon approche photographique.

Le poids et l’encombrement

L’un des points de frustration que j’avais depuis quelques années maintenant, portait sur le poids et l’encombrement.

Jusqu’à présent, je disposais d’une besace de 6/7 litres, contenant le boîtier, un zoom 17-50, un zoom 70-200, et un flash. J’emportais également quelques accessoires, comme des filtres, des gélatines pour le flash, …

Pour les sorties photo, le poids et le volume de la besace sont assumés. J’avais tout le matériel dont j’avais besoin, et j’y incluais un pied photo en fonction des besoins.

Mais pour les vacances, ou les week-ends, au fil des années, le poids est devenu une charge, au sens propre comme au figuré. En mode touriste, je supportais de moins en moins le poids de la besace, que cela soit avec, ou sans le 70-200 (quasiment 1 kg). Quant à l’encombrement, il s’est, peu à peu, transformé en contrainte. J’ai essayé de ne sortir qu’avec le boîtier et une optique, mais l’ensemble n’est pas pratique à porter, et sans une housse de protection, il y a un risque pour le matériel qui n’est pas protégé correctement. A la fin, pour les soirées ou les sorties improvisées, je ne sortais plus du tout avec mon matériel.

En discutant avec des amis photographes, je m’aperçois que nous suivons tous plus ou moins la même trajectoire : nous avons tous démarré avec un sac à dos, avant de passer à sac à bandoulière ou une besace, et nous rêvons tous de ne plus rien porter …

Le matériel et la marque

Comme je l’ai dit précédemment, l’idée d’un changement de matériel est avant tout venu d’une réflexion sur le passage du Reflex à l’hybride. Ma première idée était de faire une migration douce vers du matériel hybride Canon. Cependant, au fil de mes années passées avec cette marque, j’avoue avoir accumulé quelques points de frustrations, et je me suis donc dit que ce changement de technologie pouvait éventuellement s’accompagner d’un changement de marque.

Globalement, Canon propose du super matériel, je n’ai pas conservé cette marque pendant 20 ans pour rien. J’ai cependant deux reproches : la gestion du bruit, et une stratégie que j’apprécie de moins en moins.

Commençons par le bruit

Depuis le 40D, jusqu’à aujourd’hui, la qualité d’image s’effrite assez rapidement dès que l’on monte dans les ISO, le bruit est chromatique, et il est assez difficile à réduire. Ce qui me gêne le plus est que l’on retrouve cette caractéristique de génération en génération. Si je compare mes photos nocturnes faites avec le 40D et le 760D, je retrouve quasiment un niveau équivalent de bruit, malgré l’écart de 8 ans, et des 3 générations de capteurs. Je dirais même que, dans certains cas les résultats sont pires avec le 760D qu’avec le 40D (problème de surchauffe du capteur ?). En regardant les performances de la gamme hybride APS-C actuelle, il y a des progrès, mais ils ne sont pas non plus époustouflants. Là encore, il y a plus de 7 ans d’écart entre le 760d, et le R10, et un changement complet de technologie (Reflex / hybride) !

Evolution du bruit à 1600 ISO entre un reflex 760D, et un hybride R10 (Source : DPReview )
Evolution du bruit à 1600 ISO entre un reflex 760D, et un hybride R10 (Source : DPReview )

Cette focalisation sur la gestion du bruit peut paraître exagérée, mais pour moi, elle constitue une vraie contrainte.

Pour illustrer mon propos, je vais donner un exemple : lors d’une visite à Londres, nous avons fais quelques sorties nocturnes. Durant l’une des sorties, j’ai aperçu un bus dans une rue, et j’ai aimé la scène, et la lumière. J’ai utilisé mon smartphone (Pixel 6a) pour saisir la scène dans l’instant.

Bus à l’impérial à Londres - [BY-NC 4.0]
Bus à l’impérial à Londres - [BY-NC 4.0]

Après le séjour, pour avoir un avis complètement objectif, j’ai commandé un tirage en 30x40, et 40x60, de cette photo en particulier. Résultat : En 30x40, la photo est plus que correcte, et en 40x60, les défauts commencent à apparaître, mais le résultat est toujours tout à fait propre. Alors oui, cette photo est issue d’un traitement numérique (HDR), mais le résultat est là. Avec mon reflex, en me limitant à 800 ISO, les temps de pose auraient été un peu trop longs, ou j’aurais loupé la scène, le temps d’activer le bracketing. Au-delà des 800 ISO, je n’aurai jamais obtenu quelque chose d’équivalent.

Certains d’entre vous pensent probablement que j’exagère, ou que je n’utilise pas mon boîtier correctement. Je répondrais que

  • Si je pensais que c’est le matériel qui permet de faire de bonnes photos, j’aurais changé plus souvent de boîtier,
  • Mon intention n’est pas de passer à un smartphone, ni même de comparer les smartphones et les appareils photos, mais de montrer le manque de liberté qu’implique le bruit à ISO moyen,
  • Mon objectif n’est pas de n’avoir aucun bruit sur les photos, mais de pouvoir faire des agrandissements standards du type 30x40, ou 40x60, sans voir le lissage induit par la réduction de bruit,
  • J’ai fais la comparaison avec d’autres boîtiers tel que le Sony Alpha 7 II (full-frame, sortie fin 2014), ou des boîtiers APS-C Nikon, et Pentax sortis à la même période, et mon boîtier est clairement plus bruité.
  • Au moment d’écrire cet article, pour être le plus objectif possible, j’ai fait une petite recherche sur les revues de l’époque. J’ai trouvé au moins trois articles sur Amateur Photographer , sur DPReview  et sur Les numériques .
  • Mon point ne porte pas spécialement sur les performances de mon boîtier proprement dit, mais sur le fait que, du 40D de 2007, aux R10/R7 de 2022, en passant par le 760D de 2015, nous retrouvions les mêmes faiblesses.

Une stratégie discutable

Lorsque j’ai commencé à étudier le marché, j’ai malgré tout regardé Canon dans l’idée de gérer une transition plus douce qu’un changement de marque. La stratégie de la marque m’a laissé un peu perplexe.

  • La marque semble refaire une hyper segmentation de ses gammes hybrides, comme il l’avait fait pour les Reflex. Je sais que Canon n’est pas la seule marque a faire cela, mais il est quand même très agaçant de voir trois boîtiers disposant du même capteur, du même processeur, mais de capacités différentes, et qui semblent parfois bridées artificiellement (logiciellement). Cette segmentation est une stratégie marketing qui consiste à nous faire acheter le modèle d’une gamme supérieure à celle dont nous avons réellement besoin. Mais encore faut-il être capable de comprendre les différences parfois subtiles entre les boîtiers.
  • En parlant de gamme, Canon semble traiter l’APS-C comme une porte d’entrée vers le plein format, proposant des boîtiers souvent bridés, et à ce jour une gamme d’optique dédiée plutôt pauvre, voir inexistante. Cette stratégie ferait sens, s’il n’y avait pas autant d’écart de prix entre les équipements APS-C et les équipements full-frame,
  • La politique de Canon très fermée de Canon vis-à-vis de la monture RF ne donne pas spécialement confiance. Globalement la marque restreint / contrôle l’accès à la monture RF à d’autres constructeurs tels que Sigma, Tamron, … pour la fabrication d’optiques compatibles. Cependant, il semble que, contrairement à Sony, Canon ne limite pas les capacités du boîtier lorsque les optiques ne sont pas de la marque. Personnellement, j’estime que cette politique est un gros point négatif, car elle rend l’utilisateur « captif », et limite les choix possibles.

Le choix du nouveau système

Mes critères de choix étaient finalement assez peu nombreux :

  • En priorité
    • La compacité. Je ne cherche pas quelque chose qui entre dans une poche, mais un ensemble boîtier / optique que je puisse porter sans y prêter trop d’attention,
    • Une amélioration significative de la qualité d’image a ISO élevé par rapport à mon boîtier 760D.
  • Ensuite
    • Un capteur APS-C ou full-frame (mais pas 4/3 de toute façon),
    • La possibilité d’utiliser facilement le boîtier en mode manuel (parce que c’est mon principal mode d’utilisation aujourd’hui),
    • Un viseur, parce qu’à tort ou à raison, je ne suis pas emballé par la visée sur écran,
    • Quelques petits « détails » en plus, comme une prise Sync-Flash, et une vitesse de synchro-flash pas trop basse.

Je vous passe les méandres de ma prise de décision parce qu’elle a pris plusieurs mois. Je vous en livre un résumé.

Le choix idéal aurait été un compact expert, mais j’ai assez vite supprimé cette piste : Pas assez de choix, ergonomie discutable, pas de viseur, ou viseur limité, et pour finir, prix élevés. Il n’y avait que deux modèles réellement intéressants : le Fuji X100 VI (APS-C), et le Sony RX (full-frame). Le dernier coche toutes les cases : compact, full frame, optique de qualité, de quoi être conquis, … mais il est au dessus de 4500 Eur ! Concernant le Fuji X100, je ne l’ai pas retenu parce que son rapport prestation/prix n’était favorable face aux X-T5, et X-T50.

J’ai laissé de côté la technologie Reflex également : Plus aucun acteur du marché ne travaille réellement sur ce type de boîtier en 2025, à part Pentax.

Il me restait donc à regarder la technologie hybride, avec trois marques, Sony, Nikon et Fuji. Ma décision d’aller vers Fuji s’est finalement faite sur deux critères : le rapport budget/qualité, et l’encombrement.

  • Contrairement aux autres marques Fuji développe deux filières bien distinctes une full-frame, et une APS-C. Pour chaque filière, Fuji propose différentes gammes de boîtiers (H-S, X-T, X-E, …), et deux gammes d’optiques (XF et XC). Mais quelle que soit la gamme, les optiques restent dédiées aux capteurs APS-C. Ils sont donc généralement plus compacts, et la gamme XF reste budgétairement accessible, malgré des composants métalliques, une tropicalisation, …
  • Les autres marques, Canon, Nikon, ou Sony, maintiennent deux gammes d’optiques. L’une dédiées aux capteurs APS-C, et l’autre capable de fonctionner avec les capteurs APS-C et full-frame. Dans le cas de Canon et Nikon, la gamme d’optique dédiée APS-C est en général assez base de gamme (composants plastiques, ouverture minimale assez élevée, …). Le haut de gamme est réservé aux capteurs full-frame. Les optiques sont assez lourdes et volumineuses dès que l’on souhaite avoir de grandes ouvertures ou des ouvertures constantes Les écarts de prix sont très importants. Pour s’équiper d’un 24-70mm f/2.8, il faut débourser 1800 Eur chez Nikon, 2200 Eur chez Sony, et 2600 Eur chez Canon. L’équivalent chez Fuji (16-55mm f/2.8) coûte environ 1300 Eur.
  • Se rééquiper en boîtier et optiques full-frame était plutôt hors budget, quelle que soit la marque, et je n’aurais pas obtenu le gain espéré en poids, ni en volume.
  • Les boîtiers APS-C de chez Sony ne m’ont pas convaincu, ils sont très bons, je les ai d’ailleurs conseillé à des amis, mais je suis resté bloqué sur l’ergonomie,
  • J’ai beaucoup plus longuement hésité avec Nikon. Je n’ai pas sélectionné la marque car leurs boîtiers n’avaient pas de super critiques, et commençaient à dater pour certains. J’ai fait l’étude fin 2024, début 2025, depuis Nikon a renouvelé certains boîtiers, notamment le Z50 et le Z5.
  • Globalement, à budget équivalent, je ne pouvais espérer que de l’entrée de gamme en full-frame, chez Nikon ou Sony, alors que je pouvais m’équiper en milieu/haut de gamme chez Fuji.

Dans cette marque, en APS-C, j’ai repéré deux modèles : le X-T50, et le X-T5. J’ai fini par choisir le X-T5 pour la tropicalisation, son viseur nettement plus confortable, et pour quelques options en plus. Je l’ai acheté d’occasion. Le boîtier était équipé d’une focale fixe 23mm f/2, que j’ai complété avec un 16mm f/2.8.

Petit retour sur la notion compacité

Je voudrais revenir sur la compacité et le poids dont j’ai beaucoup parlé dans les chapitres précédents. Mon objectif était d’avoir un sac ou une besace « qui ne pèse rien », et que je puisse emmener partout, tout au long de la journée, sans être gêné. J’avais en tête de passer d’une besace de 6/8 litres, à quelque chose plus proche des 3 / 4 litres.

Au-delà de la taille du boîtier, l’un des facteurs principaux est la taille des optiques :

  • A part des boîtiers vraiment spécifiques comme le Ricoh GR, ou des boîtiers de gammes plus grand public (Fuji X-E5, X-M5, …), les boîtiers ne se différencient pas énormément, ni en taille, ni en poids,
  • A l’inverse, la taille des optiques varie énormément en fonction de leur type (fixe ou zoom), et de leur luminosité.

La figure ci-dessous montre la taille de mon boîtier reflex, comparée à des hybrides de différentes marques. Comme vous pouvez le voir, les écarts ne dépassent pas le centimètre, et les différences de poids sont inférieure à 100g, à part le Canon R8, qui ne dispose pas de stabilisation, et dont la batterie est nettement plus petite que les autres modèles. La conclusion est que la taille du boîtier n’est pas le critère principal si l’on cherche la compacité.

Différence de taille et de poids de 4 boîtiers (Camera Size )
Différence de taille et de poids de 4 boîtiers (Camera Size )

Regardons maintenant les optiques : La photo suivante présente le même boîtier X-T5, équipé d’un côté d’une optique à focale fixe 23mm f/2, et de l’autre d’un zoom 17-55 f/2.8-4. J’ai ajouté un Nikon Z5, équipé d’une focale fixe 35mm f/1.8, et d’un zoom 24-70 f/4 pour avoir des points de comparaison avec du matériel full-frame.

Différences de taille entre optiques à focale fixe, et zoom (Camera Size )
Différences de taille entre optiques à focale fixe, et zoom (Camera Size )

Les écarts de poids et de taille ne sont plus négligeables. Et l’on peut voir que le full-frame est perdant en poids et en encombrement.

Ces différences de poids et de volume s’accentuent si vous vous équipez d’optiques très lumineuses, qu’elles soient fixes ou non. Dans l’image ci-dessous, nous comparons deux optiques APS-C à focale fixe de 16mm, avec une ouverture constante de f/2.8, et f/1.4. J’y ai ajouté une focale full-frame à peu près équivalente (24mm f/1.8)

Différences de taille entre optiques en fonction de l’ouverture max (Camera Size )
Différences de taille entre optiques en fonction de l’ouverture max (Camera Size )

Pour le fun, j’ai fait une comparaison avec des 35mm et équivalent (23/24mm en APS-C)

Comparaison avec une optique full-frame haut de gamme (Camera Size )
Comparaison avec une optique full-frame haut de gamme (Camera Size )

L’image se passe de commentaire. Certes, le Nikkor 35mm f/1.2 ne propose pas les mêmes performances que les trois autres, mais il pèse plus de 1 kg, soit le double du poids du boîtier ! Est-ce que l’on peut raisonnablement porter ce package en bandoulière (sans besace) ?  Je veux dire techniquement c’est possible, mais imaginez les contraintes exercées sur la monture du boîtier !

Travailler sur un package que l’on souhaite garder compact et léger, implique donc de travailler beaucoup plus sur le choix des optiques, que sur le choix du boîtier. Cela implique de s’interroger sur ses méthodes travail, sur ses attendus, et trouver un compromis entre zooms et focales fixes, entre ouverture constante et variable, et sur l’ouverture maximum, … En gros ne pas choisir systématiquement la plus grande ouverture ou des ouvertures constantes. Le mot compromis est tout à fait relatif : A-t-on réellement besoin d’une ouverture du type f/1.4, ou f1.2, surtout en full-frame ? Doit-on céder aux sirènes du marketing ou satisfaire son égo en ayant une optique que le voisin n’a pas ?

Mon domaine de prédilection étant plutôt la photo de paysage, de très grandes ouvertures ne s’imposaient donc pas. J’ai fait quelques statistiques sur les données EXIF de mon stock de photos pour comprendre quelles focales j’utilisais réellement : Sachant que mon outil principal était un zoom 17-50, dans la très très grande majorité des cas, la focale se situait entre 17 et 30mm. C’est ce qui m’a décidé de choisir des focales fixes, en considérant que les 40 millions de pixels du Fuji X-T5 me donneraient la possibilité de recadrage.

Je précise que je n’ai pas fait le choix des focales fixes, uniquement pour la compacité. Fuji offre également des zooms relativement compacts. Mais je me suis dit que revenir à une focale fixe pouvait être un bon challenge.

Retour d’expérience

J’ai le boîtier maintenant depuis quelques mois. Il est difficile de faire une réelle comparaison entre mon matériel Canon, et le boîtier Fuji, compte tenu de l’écart de technologie trop important entre les deux. Il y a presque 10 ans d’écart entre les deux. J’ai donc essayé de me focaliser sur le boîtier Fuji, en limitant les comparaisons.

Du reflex à l’hybride

L’une des grosses différences entre les reflex, et les hybrides porte sur la visée : Visée optique contre visée numérique. Il s’agissait de l’une de mes principales craintes avant l’achat. Bonne surprise, le viseur du X-T5 est suffisamment confortable pour que je m’adapte assez vite.

  • Il n’y a pas de miracle, le viseur ne restitue pas tous les détails, et la balance de couleurs est un peu décalée par rapport à la réalité (mais c’est ajustable),
  • Mais nous avons une assez grande quantité d’informations, dont un niveau, un histogramme, …
  • L’aspect le plus perturbant est que l’image affichée dans le viseur reflète en temps réelle, l’exposition sélectionnée. Cela peut paraître intéressant au départ, mais c’est en réalité assez trompeur, puisque finalement, l’affichage dépend autant des paramètres d’exposition que des réglages de luminosité choisis.
  • On peut désactiver cette fonctionnalité, pour que l’image reste la même quelle que soit l’exposition sélectionnée, mais dans ce cas, nous perdons l’histogramme (il reflète ce qui est affiché). Je suis donc revenu en arrière, et je me focalise sur l’histogramme plutôt que sur l’image elle-même, pour être sûre que mon exposition soit correcte.

Encore une fois, il s’agit de caractéristiques liées à la technologie hybride. C’est relativement perturbant au début, mais l’adaptation n’est finalement pas si compliquée.

Les hybrides amènent également des fonctions comme les photos panoramiques, ou l’assemblage automatique des photos prises en mode bracketing (jpg seulement), qui apportent un meilleur confort, en produisant directement les photos, sans nécessiter de faire l’assemblage en post-traitement. Pour l’instant, je suis moyennement convaincu par la fonction « panoramique », mais je n’en suis qu’au début de mon apprentissage.

Le point négatif classique des hybrides porte sur l’autonomie. Pour l’instant, selon mon expérience, une batterie permet de prendre entre 200 et 300 photos. Cette autonomie s’améliore avec quelques précautions, mais il faut prévoir l’achat d’une seconde batterie pour les longues sorties (pour être sûre que l’on tient une journée complète).

Le boîtier

La finition du Fuji est excellente. Toute la partie supérieure est métallique, et le revêtement est plaqué de façon très précise. Le boîtier est entièrement tropicalisé, même si nous ne voyons pas de joint partout. J’apprécie particulièrement les « trappes » dont l’ouverture et la fermeture sont franches, ce ne sont pas de simples caches en caoutchouc.

Le boîtier X-T5, et une optique fixe 16mm f/2.8
Le boîtier X-T5, et une optique fixe 16mm f/2.8

Au touché, l’appui sur les boutons est précis. Je veux dire qu’il ne suffit pas de les frôler pour les activer, et que l’on sait lorsque le bouton est activé (pas d’ambiguïté). Il y a une exception avec le bouton situé sur le dessus à droite, à côté du déclencheur : il est situé en surface, et il demande un appui plus prononcé. L’écran n’est pas monté sur rotule, mais il peut s’orienter selon deux axes. Ce n’est pas un gros inconvénient pour un photographe, mais il est impossible de se filmer, ou prendre des selfies. L’écran est tactile et intègre beaucoup de fonctions pour la prise de vue, les options d’affichage, ou le mode visualisation. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’activer une de ces fonctions, ou déclencher une prise de vue, par accident. Plusieurs options sont possibles, et il faut faire quelques essais avant de trouver la bonne combinaison pour limiter ces activations involontaires.

Dernier point : Le boîtier dispose de deux slots pour les cartes mémoire. J’avoue que c’est une fonction qui ne m’intéressait pas au départ. Nous pouvons utiliser ces deux slots, de différentes façons. En mode séquentiel, l’appareil commence à utiliser la carte du slot 2 lorsque celle du slot 1 est pleine. En mode « duplication », les images sont enregistrées simultanément sur les deux cartes. Le troisième mode est finalement celui qui m’a intéressé. Nous pouvons demander l’enregistrement des RAWs sur le slot 1, et des JPG sur le slot 2. Je trouve cela assez pratique, car on peut partager rapidement les photos JPG avec d’autres personnes en leur donnant la carte, sans partager les RAWs que l’on peut développer plus tard. J’ai activé cette option, mais là encore, je verrai à l’usage.

Prise en main

J’avais une petite appréhension vis-à-vis de la tenue en main du boîtier. Les boîtiers Canon ont tous une poignée assez profonde qui permet une bonne prise en main, alors que la poignée du Fuji est beaucoup plus fine. Là encore, bonne surprise, la tenue en main est très bonne, sans crispation des doigts, même après une journée d’utilisation. Le poids de l’ensemble boîtier / optique peut être une explication.

Je me suis posé une question à laquelle je ne m’attendais pas. La position du photographe classique consiste à tenir le boîtier, via sa poignée, de la main droite, tandis que la main gauche soutient l’optique. Avec mes zooms Canon, qui faisaient 10 cm et plus, soutenir l’optique avec la paume de la main ne posait aucun problème. Cette position n’est pas applicable, avec les objectifs Fuji qui ne mesurent de 3 à 5 cm. Il faut donc trouver la bonne position, suffisamment stable pour éviter les flous de bougé. L’ouverture se réglant via une bague située sur l’optique elle-même, il faut également veiller à ne pas tourner cette bague pendant la prise de vue.

J’apprécie vraiment cette bague d’ouverture sur l’optique. C’est déroutant au début, mais c’est finalement très confortable.

Sans être un point négatif, j’avoue être assez ambivalent sur l’ergonomie du look rétro :

  • Contrairement aux autres marques, les Fuji X-Tx n’ont pas de commande générique (une molette à l’avant et une à l’arrière par exemple). Nous avons donc une roue pour les ISO, une pour la vitesse, et une pour l’ouverture. C’est une ergonomie qui rappelle les boîtiers argentiques, et qui est proposée également par Nikon avec son Z fc.
  • L’avantage de l’approche classique est que l’on peut tout régler, en parcourant l’ensemble des valeurs possibles, à partir de ces molettes génériques, sans bouger la position des mains,
  • Avec le Fuji (même chose sur le Nikon Z fc d’ailleurs), au moins pour la vitesse, il faut faire appel aux roues situées sur le dessus de l’appareil. Cela veut dire que vous devez utiliser une de vos deux mains pour faire les changements, et donc changer de position, puis revenir à la position stable avant de déclencher. Bref, l’ergonomie rappelle les grandes heures des boîtiers argentiques, mais elle n’est pas optimale, même si, grâce aux nombreux paramètres, nous pouvons adapter les commandes. La roue réglant la vitesse d’obturation me semble être en trop : en la positionnant sur le mode T, nous pouvons avec la molette avant ou arrière, sélectionner n’importe laquelle des valeurs de vitesse d’obturation.

Qualité d’image

Il est encore un peu tôt pour avoir un avis exhaustif sur la qualité des photos obtenues, car il faudrait pour cela que je maîtrise complètement le boîtier et ses capacités. Mais les premiers résultats sont excellents.

Si je dis que je ne peux pas me faire une opinion complète, c’est que je dois encore me familiariser avec le comportement du capteur, notamment sa tenue dans les hautes et basses lumières. Je peux déjà dire que la dynamique du capteur me semble nettement au dessus du boîtier Canon.

Comme je l’ai dit précédemment, un des points de frustration avec mon matériel précédent, portait sur la gestion du bruit. A partir de 800 ISO, le bruit chromatique était visible, et les corrections par post-traitement ne me donnaient pas entière satisfaction. De ce point de vue, le X-T5, m’apporte un réel progrès. Le bruit existe, mais

  • Il s’agit plus d’un bruit de luminescence (mono chromatique), que d’un bruit chromatique, ce qui personnellement me convient mieux,
  • Ensuite, il est tout à fait acceptable jusqu’à 6400 ISO (je ne suis pas allé au-delà pour l’instant),
  • Le bruit augmente linéairement en fonction de l’ISO,
  • Pour finir, il peut être partiellement compensé avec la simulation de film, sans avoir à travailler la netteté dans Lightroom, par exemple.

Cette capacité a monté en ISO change beaucoup de choses : moins d’appréhension, moins de compromis sur les autres paramètres d’exposition, notamment la vitesse. C’est un réel confort.

Montage montrant une photo prise à 6400 ISO, et des parties zoomées - [BY-NC 4.0]
Montage montrant une photo prise à 6400 ISO, et des parties zoomées - [BY-NC 4.0]

Un point amusant est que, au début, par habitude, je me suis limité à 800 ISO, comme je le faisais avec mon Canon. J’avais donc des vitesses d’obturation assez longues, et quelques flous de bougé, malgré la stabilisation. Par la suite, une fois la « barrière psychologique » passée, je suis monté à 1600, puis 3200, pour finir à 6400.

Pour revenir à la stabilisation : c’est un point sur lequel je n’ai pas prêté attention au début. C’est en développant les photos de nos vacances à Stockholm que j’ai pu voir son efficacité. Sur des vitesses d’obturation de l’autre de 1/10ième ou 1/4ième, la plupart des photos sont nettes, alors que je n’ai pas spécialement fait attention à ma position lors de la prise de vue. Pour moi, c’est un réel progrès par rapport à mon précédent boîtier. Deux points à préciser pour être totalement objectif : tout d’abord, le 23mm utilisé n’inclut pas de stabilisation, donc je n’avais que la stabilisation du boîtier, ensuite, je n’ai pas de point de comparaison, par rapport à d’autres hybrides.

Le poids et l’encombrement

De ce côté-là, l’objectif est parfaitement atteint. Je suis passé d’un sac d’environ 2,5 Kg, et de 6/8 litres, à un sac d’environ 1,5 Kg et 3/4 litres. La légèreté de ma besace et de l’appareil lui-même est un vrai bonheur : pas de lassitude, ni de gêne, une vraie sensation de liberté.

La nouvelle (à gauche) et l’ancienne besace (à droite) - [BY-NC 4.0]
La nouvelle (à gauche) et l’ancienne besace (à droite) - [BY-NC 4.0]

Concrètement, le volume convient pour le matériel actuel (le boîtier, les deux optiques et des filtres), mais il risque d’être limite si je veux ajouter autre chose à l’avenir. Je verrai à ce moment-là.

Les points qui fâchent

Au rayon des vrais points négatifs :

  • Une quantité énorme de paramètres,
  • La documentation est minimale, voir minimaliste,
  • Des menus qui mériteraient d’être mieux structurés.

Commençons par les paramètres : Ce point n’est pas uniquement lié au boîtier Fuji, mais il semble commun aux hybrides. Le nombre de paramètres est astronomique. Cela peut être considéré comme un avantage, car nous pouvons adapter l’ergonomie, et le comportement du boîtier à nos habitudes et nos usages. Mais il y a deux inconvénients majeurs :

  • Il est difficile de repérer les paramètres qui sont réellement importants pour nous,
  • Il est encore plus difficile de tout retenir, ou de garder en tête ou se trouve les paramètres dont nous avons besoin.

A titre d’exemple, sur le Fuji, nous pouvons paramétrer quasiment tous les boutons, roues, et molettes du boîtier. Cela représente plus de 15 commandes auxquelles nous pouvons associer une fonction, sachant que la disponibilité de cette fonction dépendra du mode dans lequel on se trouve … Comment retenir une telle quantité d’information lorsque nous n’utilisons pas notre boîtier au quotidien ? Ce qui rend l’apprentissage assez complexe, est que ces paramètres ne s’appliquent pas de la même façon, en fonction du mode sélectionné, ou des options configurées. Donc, au début, il arrive fréquemment d’appuyer sur une touche, sans que rien ne se passe, parce que la fonction ne s’applique pas au mode en cours.

Cette quantité de paramètres seraient gérables, si la documentation était à la hauteur, ce qui n’est pas le cas. Lorsque les fonctions sont décrites, nous n’avons que très peu d’explications sur les effets de leur activation. La traduction est parfois très approximative, et nous avons malheureusement, des fonctions qui ne sont pas décrites du tout. Pour être plus précis, il y a deux documentations :

  • La documentation papier , que l’on peut également trouver sur le site Fuji sous forme de PDF. Cette documentation là n’explique pas grand chose, mais elle est traduite, à peu près correctement, en plusieurs langues.
  • La documentation en ligne , bien plus précise et détaillée, disponible dans plusieurs langues, mais via le traducteur de Google.

Je conseille d’oublier la documentation papier, et d’aller plutôt sur la documentation en ligne, beaucoup plus complète, mais consultez là en anglais, parce que la traduction française est de trop mauvaise qualité. Juste pour rire un peu, regardez les phrases surlignées dans les deux copies d’écran que j’ai faîtes.

La documentation en anglais et sa traduction en français
La documentation en anglais et sa traduction en français

Pour résumer, si vous cherchez bracketing dans la table des matières, vous ne trouverez pas … Sans parler du terme « indemnisation d’exposition » au lieu de correction d’exposition. Par ailleurs, le bracketing est un bon exemple de la faiblesse de la documentation : elle ne figure nulle part dans la documentation papier. Il faut regarder dans la documentation en ligne pour trouver les détails nécessaires.

Contrairement à ce que j’ai pu lire un peu partout, je ne suis pas très critiques vis-à-vis des menus, car je pense que le problème ergonomique vient surtout du nombre de paramètres, plutôt que de la structure des menus proprement dite. J’ai malgré tout quelques points :

  • Il y a beaucoup d’abréviations, ce qui oblige, au début, à retourner fréquemment à la documentation,
  • La traduction de certains menus est très approximative / ambigües,
  • Il peut y avoir plusieurs points d’entrée pour la même fonction, ou plusieurs façon d’accéder à une même option.

Tous les menus ne sont pas indispensables à tout le monde. Pourquoi ne pas avoir crée un menu « fonctions avancées » regroupant les options les plus exotiques ?

Pour conclure :

  • Pour ceux qui possèdent un hybride, je pense que la transition vers Fuji est facilement gérable. Pour ceux qui viennent du monde Reflex, attendez vous à passer beaucoup de temps sur la documentation, et dans les menus de votre boîtier, avant de réellement de savoir où trouver ce que vous cherchez,
  • Après trois ou quatre « réinitialisations usine », j’ai fini par stabiliser ma configuration, et me construire un menu personnalisé qui me donne accès aux fonctions et paramètres dont j’ai besoin.

Autres points

L’autofocus me semble très efficace, mais je n’ai pas de point de comparaison avec d’autres boîtiers hybride. J’ai joué un peu avec l’autofocus basé sur la détection automatique (des yeux, des voitures, des animaux …), et les résultats sont assez surprenants (en positif), surtout en mode suivi.

Autre point positif, mais il s’agit d’une fonction liée à la génération du boîtier, plus qu’au Fuji lui-même : l’appairage avec un Smartphone est très facile, et permet d’enregistrer les informations GPS dans les photos, ou d’utiliser le smartphone comme une télécommande. L’appairage est très facile, et je n’ai pas détecté de réelle différence sur la durée de vie de la batterie.

Retour d’expérience sur le changement d’approche

Je suis passé de l’utilisation de zooms, à l’utilisation de focales fixes.

Etonnement, la transition est moins compliquée que prévue. Je m’attendais à certaines frustrations du fait de ne pas pouvoir ajuster mon cadrage assez rapidement, ou de ne pouvoir zoomer. Mais après seulement quelques jours en situation réelle (voyage a Stockholm cet été), je me suis assez vite adapté.

Au départ, j’interchangeais assez souvent les optiques, en passant du 16 au 23mm et du 23 au 16mm, mais à la fin de la semaine, Je suis descendu à 1 ou 2 changements seulement par journée, J’arrivais à anticiper ces changements.

Je dirais même que la focale fixe m’a fait réduire mon nombre de photos inutiles. Avec le zoom, je multipliais les prises de vue de la même chose avec des focales différentes. mais je reprenais les mêmes prises de vue après m’être déplacé de quelques mètres. Toutes ces versions étaient finalement éliminées lors du tri. Avec une focale fixe, je prend une version « par lieu / distance ». Donc lors de la phase développement dans Lightroom, j’ai globalement moins de tri à faire. Dernière conséquence positive porte sur la batterie : moins de photos, plus d’autonomie.

Aujourd’hui, je dispose d’un 16mm, et d’un 23mm (équivalent 24 et 35mm en full-frame). Avec un peu de recul, il me maque probablement un 55mm (équivalent 85 en full-frame), pour des portraits ou des plans rapprochés. Je verrai à l’usage si je m’équipe avec une optique fixe supplémentaire, ou si je reviens au zoom.

Le bonus

Mon kit de départ n’inclut pas de longues focales. Avec mon boîtier Canon, je n’utilisais mon 70-200 que pour de rares cas spécifiques, comme des rencontres sportives, par exemple. Donc lorsque j’ai fait mon étude de marché, je ne me suis pas du tout intéressé à ce sujet-là. Quelques mois après mon achat, je suis tombé par hasard, sur une publicité / promo pour des adaptateurs permettant de fixer des optiques d’une marque sur des boîtiers d’une autre marque. Parmi ces adaptateurs, j’ai trouvé un adaptateur autofocus, Fuji (monture X), vers Canon (monture EF) , chez 7Artisans. 

Convertisseur boîtier Canon vers monture X
Convertisseur boîtier Canon vers monture X

Je l’ai commandé, et avec une certaine surprise, il fonctionne parfaitement. Je dois encore mener quelques tests pour voir quel niveau de piqué j’obtiens exactement, mais pour l’instant, la mise au point semble fonctionner, et elle est assez rapide. Les informations EXIFs sont bien prises en compte. Mes doutes au sujet du piqué viennent surtout du fait qu’avec son âge vénérable (sortie le Novembre 2006), je ne suis pas sûre que le zoom puisse restituer le niveau de détails à la hauteur du capteur Fuji de 40 millions de pixels.

Conclusion

Après deux trimestres d’utilisation, le bilan est très positif.

J’ai fait deux courts voyages à l’étranger (Athènes et Stockholm) avec mon nouveau package, et je considère qu’il atteint complètement les objectifs que je me suis fixé :  Légèreté du matériel, Qualité d’image, Comportement en ISO élevé du Fuji me change vraiment la vie. Même si le boîtier est plus petit, je n’ai pas rencontré de difficultés, ni ressenti de crispation au niveau des doigts ou du poignet.

Pour être tout à fait franc, j’avais de grosses appréhensions au sujet de la transition : 20 ans passés avec la même marque, et le même type de matériel, créent des réflexes que je pensais difficiles à oublier. Quand je parle de transition confortable, je ne veux pas dire qu’elle est facile, mais elle est tout à fait gérable. Elle est même agréable, en me faisant sortir de ma zone de confort : je dois me creuser la tête sur le cadrage, et c’est très sympa.

J’ai donné pas mal de points négatifs concernant l’ergonomie et la documentation, et je ne reviens pas sur mon opinion. Le nombre de paramètres est quasiment ingérables. Fuji doit, à minima, améliorer la documentation.

Je regrette un peu de ne pas mettre équiper en full-frame, mais c’était clairement hors budget.

Mon apprentissage ne fait que commencer, et va encore durer un certain temps. Je dois comprendre notamment quelle exposition je dois prioriser pour avoir un meilleur résultat en post-traitement. Mais le principal est que les résultats sont déjà très positifs, et me redonnent l’envie de faire de la photo.