Les feux d’artifice sont une tradition forte des vacances d’été, et pas seulement pour le 14 juillet. Pour un photographe amateur ou débutant ce type de spectacle peut sembler difficile à immortaliser. La technique n’est finalement pas si compliquée, elle nécessite simplement une bonne préparation. Je profite du feu d’artifice proposé à Tours le 31 décembre, pour vous donner quelques informations pratiques sur le sujet.

Les préparatifs

Comme souvent, la phase de préparation est très importante. Si vous voulez vraiment prendre de bonnes ou très bonnes photos, il est indispensable de se renseigner sur les conditions et l’environnement du spectacle.

Tout est histoire de positionnement. Les questions à poser vont donc servir à trouver le lieu idéal pour la prise de vue: où auront lieu les tirs? Ou se trouvera la foule? Y-a-t-il un endroit un peu sur-élevé (balcon ou autre)?

En fonction de l’importance de l’évènement, pensez à être sur les lieux assez longtemps à l’avance, pour vous placer et «marquer» votre territoire, avant que la foule n’arrive.

L’équipement minimum reste classique

  • un appareil photo ;-),
  • un objectif ou d’un zoom de petite focale,
  • un trépied,
  • une télécommande,
  • une lampe torche,

La focale de l’objectif ou du zoom va dépendre de votre position par rapport au spectacle. Si vous êtes assez proche, il faudra certainement une focale courte du type 17mm ou 28mm (28 ou 35mm équivalent 24×36). Si vous êtes plus loin, un 50mm peu convenir. Au-delà, l’angle de champ risque d’être trop contraignant.

L’appareil doit absolument être fixe, pour éviter les flous de bougé liés aux temps de pose longs. Le trépied est idéal, mais vous pouvez également utiliser un mur, le toit d’une voiture, …

La télécommande n’est pas indispensable, mais elle est fortement conseillée: Sans télécommande, vous serez obligé de garder le doigt sur le déclencheur pendant toute la durée de prise de vue. Vous aurez donc immanquablement des flous de bougé.

La lampe torche est un élément souvent négligé, à tort: elle permet de vérifier l’emplacement du trépied, de trouver ce que l’on cherche dans le sac, et de vérifier certains réglages sur l’appareil photo.

Le reste du matériel est classique

  • des cartes mémoire vidées et formatées,
  • des batteries chargées,
  • De quoi protéger l’appareil de la pluie si le ciel est menaçant,
  • Le pare-soleil de l’objectif utilisé,
  • Le tout facilement accessible.

Les réglages

Une fois le spectacle commencé, la fréquence des tirs est telle que nous n’avons plus le temps de modifier les paramètres de prise de vue. Le principe est donc de tout régler une fois pour toute avant les premiers tirs.

Quelques minutes avant les tirs, il faut donc

  • Positionner l’appareil et choisir une focale qui vous permette de tout photographier sans avoir besoin de bouger l’appareil,
  • Désactiver l’auto-focus,
  • Régler l’appareil sur l’infini,
  • Mode M: entièrement manuel,
  • Ouverture: f/8, f/11,
  • Temps de pose: Pose B,
  • Sensibilité: ISO 100, ou 200.

Encore une fois, lorsque le spectacle a démarré, le rythme des tirs interdit tout réglage «fin». En positionnant l’appareil de façon à tout voir, vous n’aurez plus à vous soucier du cadrage.

L’autofocus ne sert à rien la nuit, d’autant qu’il faut viser le ciel qui est sombre ou noir, il faut donc le désactiver. Le choix du mode manuel répond un peu à la même logique: en mode automatique, ou semi-automatique, l’appareil ne pourra pas trouver de paramètres pertinents en raison des trop fortes variations lumineuses entre le tir, l’explosion, et la retombée.

La sensibilité sert principalement à limiter le bruit lié aux longues expositions. L’idéal est donc d’utiliser des sensibilités plutôt faibles. Même si les appareils récents gèrent beaucoup mieux le bruit que ceux des générations précédentes, je ne conseille pas de monter au delà de 400 ISO. En plus du bruit, vous risquez de capter la polution lumineuse environnante.

Une fois le spectacle commencé, vous n’avez plus qu’à déclencher, plus ou moins longtemps, en fonction de la luminosité ambiante. Les temps de pose peuvent varier de 1 à quelques secondes (5 à 8 max).

Suivez les évolutions des premiers tirs dans le viseur ou sur l’écran arrière de l’appareil, pour ajuster le cadrage ( focale et la position de l’appareil). Après vous pouvez profiter du spectacle, en déclenchant simplement sans viser, et en contrôlant de temps en temps le résultat sur l’écran.

Personnellement, je déclenche au départ des fusées: lorsque j’entends le bruit caractéristique du tir, je déclenche, et relâche le bouton de la télécommande lorsque la bombe s’est complètement «déployée».

C’est vous qui décidez du temps de pose. En fonctiion de la luminosité, et de la complexité de la scène, il faut appuyer plus ou moins longtemps. Cela peut dérouter au début, mais vous verrez que l’on s’adapte en quelques minutes.

J’ai photographié mes premiers feux d’artifice cette année pour le 14 juillet. Les prises de vue ne sont pas forcement des réussites, mais elles m’ont permi de bien comprendre ce qu’il fallait faire. J’attend donc la prochaine saison estivale.

Premiers retours d’expérience

En appliquant les conseils du paragraphe précédent, nous pouvons rapidement obtenir d’assez bons résultats, mais les pièges restent nombreux.

Concernant la prise de vue proprement dite:

  • En cas de tirs multiples, si le temps de pose est trop long, vous obtiendrez une image surexposée: Ces tirs génèrent souvent une forte luminosité, les temps doivent être inférieurs à la seconde,
  • L’autre problème des tirs intensifs est la fumée. Beaucoup de photos seront polluées par la fumée résiduelle. Réduire les temps de pose permet de limiter l’apparition de la fumée sur l’image. S’il n’y a pas un minium de vent, vous n’obtiendrez pas de photos intéressantes: la lumière va se refléter sur les «nuages» et ne donnera rien de vraiment esthétique. Même avec une très bonne technique, il se peut que nous n’obteniez rien de bien, en raison des conditions,
  • Attention aux optiques mal nettoyées: la lumière des feux est «brillante» et peut générer des reflets parasites si elle tombe sur des traces ou des tâches.

Concernant le positionnement:

  • La foule peut être «pénible» à gérer: d’une part il faut éviter de cadrer des têtes, et d’autre part, vos voisins risquent de faire bouger l’appareil en heurtant le trépied, ou en vous bousculant. Trouver une situation un peu isolée est l’idéal.
  • Il est inutile, voir pénalisant d’être trop prêt des tirs: cela oblige à utiliser des focales vraiment courtes, la contre-plongée écrase les dimensions, et il est impossible d’intégrer un décor,
  • Ce dernier point est important: si vous cherchez sur internet des photos de feux d’artifice, vous verrez que les meilleures intègrent un décor. Ce décor permet de rendre compte de la dimension des tirs, et de jouer éventuellement avec les reflets. L’intégration à un décor apporte une réelle valeurs aux photos. Sans des éléments extérieurs, rien ne ressemble à un feu d’artifice, qu’un autre feu d’artifice,
  • Attention aux lumières parasites, ou à la pollution lumineuse. Vérifiez, lorsque vous installez l’appareil, que vous n’avez aucun objet brillant ou allumé dans votre champ de vision, ni à proximité de l’appareil.

Certains paramètres ne sont pas de notre ressort:

  • La météo est vraiment un facteur déterminant pour une photo réussie: pas de vent sera synonyme de forte fumée par exemple. Inutile de vous déplacer par temps de pluie également, le plafond sera assez bas, et vous risquez d’endommager votre matériel,
  • La pollution lumineuse est un facteur a ne pas négliger, surtout si le spectacle a lieu en ville, ou a proximité d’une ville,
  • Certains lieus favorisent les spectateurs, mais pas forcement les photographes.

Superposition

Il peut être intéressant de superposer deux «images». Certains me diront que PhotoShop fait cela très bien, mais il est toujours gratifiant d’obtenir la photo directement (et puis nous parlons de photo, pas de graphisme …).

La technique est simple sur le principe, mais nécessite un peu de pratique. Il faut:

  • Déclencher, et laisser l’appareil ouvert,
  • Masquer l’objectif avec le cache ou un carton, entre les tirs,

Attention à ne pas trop surcharger la photo: quelques tirs suffisent.

Quelques photos

Pour obtenir de bonnes ou très bonnes photos, il faudra être patient, et pratiquer.

Dans la galerie qui suit, vous trouverez des photos issues:

  • du 10 juillet à St Cyr sur Loire: il pleuvait, et l’environnement n’est pas adapté (stade),
  • du 14 juillet à Tours à 23h00: je me suis placé trop près, et la lentille frontale de mon optique était sale. Résultat: de jolies photos de bombes dans un ciel tout noir, avec quelques reflets parasites. Gros problème avec la fumée également.
  • du 31 décembre à Tours à 19h00: cette fois, je me suis éloigné pour intégrer un décor (La Loire). Malheureusement, compte-tenu de l’heure, tous les éclairages publiques n’étaient pas éteints, et j’étais face à la ville de Tours dont l’activité générait une forte pollution lumineuse ! Résultat: les photos sont globalement plus intéressantes, mais le ciel reste trop clair.
  • Une photographie issue du site de Christophe Blanc , un site très didactique expliquant bien les techniques de ce type de prise de vue,
  • Une photographie issue du site Athos99 , qui propose également des tutoriaux sur le sujet,
  • et pour finir (pour rêver), quelques photos trouvées sur internet, notamment à l’occasion du traditionnel feu de fin d’année à Sydney, et quelques photos proposées par le blog HongKiat (certains sont «un peu» retravaillés).

Vous pouvez consulter le site du concours international de feux d’artifice – Les nuits de feu , ainsi que les galeries proposées par Flickr .

Conclusion

Cet article n’est pas forcement de saison, mais il fallait bien que je comprenne et pratique la méthode avant de vous la proposer.

Photographier des feux d’artifice, n’est finalement pas très compliqué. Les trois points importants à retenir sont:

  • en priorité un bon positionnement,
  • un trépied,
  • et le mode Manuel.

Le reste sera affaire d’expérience, et d’opportunité, deux critères finalement communs à toutes les situations photographiques …

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